Mehdi ( 34 ans )
Rencontres : 06 Apr 2005 Message : 191 |
Commande 2 : MARIAGE
Sommairement, le mariage est l’union d’un homme et d’une femme devant Dieu et les hommes, c’est-à-dire le passage à l’Eglise ainsi qu’à la Mairie. De nos jours, seul le passage à la Mairie authentifie le mariage au niveau administratif. Mais ce n’est pas pour autant que le mariage à l’Eglise est délaissé, au contraire, car quand ils le peuvent, les fiancés se laissent volontiers entrainer dans le tourbillon d’une préparation solennelle de leur mariage avec toutes les traditions que cela implique.
Bien que certains couples ne souhaitent pas s’unir « pour le meilleur et pour le pire », le mariage reste la seule façon reconnue de se protéger au plan administratif ainsi que pour la reconnaissance des enfants du couple. En effet, la nouvelle forme d’union qui permet à deux personnes de pouvoir faire une déclaration commune d’imposition, appelée PACS, ne permet pas, la plupart du temps de protéger réellement son conjoint, ni ses enfants. Pas plus que le concubinage qui est une forme reconnue de cohabitation mais non d’imposition commune ni de prise en compte quelconque de l’existence d’un lien entre les deux concubins.
Le mariage est une véritable institution qui s’est modifiée selon les époques et à travers les âges. A l’époque des rois, le mariage servait bien souvent à réunir deux familles pour en faire une seule plus puissante ou pour défendre des intérêts communs. Plus tard, le mariage a été le complice non avoué pour émanciper les adolescents, puis naturaliser les étrangers.
Aujourd’hui, le mariage a encore la côte auprès des jeunes (et des moins jeunes) et quand bien même l’idée de s’aimer pour la vie parait toujours un peu utopique, le fait de se marier représente un moyen pour deux personnes de fonder une famille et de la protéger, le besoin de déclarer publiquement et officiellement son amour et enfin de pouvoir régler ainsi les questions de patrimoine.
Les traditions
Avant de se marier, l’homme et la femme se fiancent. C’est-à-dire qu’ils se présentent mutuellement à leurs familles respectives et que l’homme offre une bague dite « de fiançailles ». Cette étape est de nos jours allègrement passée, sans doute à cause de l’évolution des mœurs, mais également pour des raisons de budget.
Vient le moment de préparer le mariage. En règle générale, les familles prennent en charge leurs invités respectifs. Outre le fait des réservations de repas, de faire part, etc…, la mariée se doit, pour rester dans la plus pure tradition, de porter une attention particulière à sa tenue. Et quelles que soient les croyances de la mariée, celle-ci s’arrange pour respecter les consignes. Elle se doit, le jour de son mariage :
• De porter quelque chose d’ancien : un bijou de famille par exemple. Cela représente sa vie jusqu’au mariage.
• Quelque chose de neuf : pour ça pas de problème, la robe fera son office. C’est le symbole de sa réussite pour la vie à venir.
• Quelque chose doit être emprunté : En général, le témoin se fait un plaisir de prêter une babiole (cela ne doit pas être encombrant) qui représente la chance du couple dans leur vie future.
• Et enfin, il doit y avoir dans la tenue quelque chose de couleur bleue pour la pureté et la fidélité dans le couple.
Après toutes ces préparations, la mariée est amenée par son père à l’autel. Si le père est absent, on le remplace par un homme de la famille. Mais la tradition que tout le monde a tendance à oublier est la suivante : Une fois uni, le couple rentre chez lui et avant de franchir la porte, le marié porte sa femme. La raison est toute simple : Une légende dit que si une femme trébuche en entrant pour la première fois en tant qu’épouse dans sa maison son couple court à la catastrophe. Pour éviter cela, il convient donc de porter la mariée !
L’administratif
Pour pouvoir se marier, il est nécessaire d’effectuer un certain nombre de formalités. Tout d’abord, après avoir choisi une date, suffisamment loin dans le temps pour que toutes les formalités soient achevées, il faut fournir à la mairie de son domicile plusieurs documents :
• Un extrait d'acte de naissance, délivré par la mairie du lieu de naissance depuis moins de 3 mois avant la date du mariage.
• Une pièce d'identité (carte d'identité, permis de conduire, passeport)
• Des justificatifs de domicile ou de la résidence de chacun des futurs époux
• La liste des témoins et leurs coordonnées (4 au plus, âgés de 18 ans au moins).
Ces documents sont nécessaires et servent à la publication des bans, qui se fait au minimum dix jours avant le mariage. Cette disposition a été imposée par le concile de Trente (1563) afin d’éviter les risques de consanguinité. D’autres documents peuvent également être demandés suivant la situation des futurs époux (veufs, divorcés, étrangers, contrat de mariage…).
Tout cet aspect du mariage est quelque peu rébarbatif mais nécessaire afin de pouvoir démarrer cette nouvelle vie à deux de manière sereine, administrativement parlant. En effet, le mariage à la Mairie a pour but de clarifier cet aspect là et est le seul valable aux yeux de la loi. Il n’est pas possible de se marier uniquement à l’église. Et le non-respect du mariage à la Mairie précédant le mariage religieux est un délit, comme tout prêtre qui unirait deux personnes n’étant pas mariées civilement, serait passible de sanctions pénales.
A noter toutefois, que pour ceux qui voudraient joindre l’utile à l’agréable et éviter l’attente due aux délais incompressibles de toutes les formalités administratives, le mariage à Las Vegas est considéré comme parfaitement valide par la France. Il est effectivement possible de s’y marier en 24h. Malheureusement, la validation du mariage en France est toujours aussi fastidieuse.
Les contrats de mariage
Si les mariés ne décident pas de conclure un contrat de mariage, le régime de la communauté réduite « aux acquêts » est adopté d’office. C’est un régime qui dit que tout ce qui a été acquis à partir de la date du mariage est commun aux deux époux. Donc, en cas de séparation, les époux doivent tout lister et le séparer en deux.
Il y a en tout quatre contrats de mariage :
• Le contrat de mariage de la communauté réduite aux acquêts avec aménagements : c’est pour préciser un détail de la communauté réduite aux acquêts, comme par exemple préciser que le partage ne se fera pas à 50/50 mais 30/70.
• La communauté universelle : Tous les biens des époux sont communs à l’exception des vêtements et des outils de travail nécessaire à la profession d’un des époux.
• La séparation de biens : Les époux conservent la jouissance de leurs biens et contribuent au foyer en proportion de leur salaire.
• La participation aux acquêts : Ce contrat fonctionne comme celui de la séparation de biens pendant la durée du mariage. S’il y a séparation et que l’un des époux s’est moins enrichi que l’autre, un calcul est fait afin de procéder à une compensation.
Afin de conclure un de ces contrats, il est nécessaire de se rendre chez un notaire avant de s’unir, et bien sûr d’en payer les frais. Si, au cours de leur vie maritale, ils veulent changer de contrat, cela reste possible, mais seulement après deux ans de mariage et toujours en passant chez le notaire.
Dans tout les cas, il est conseillé de bien réfléchir au fait de faire établir un contrat ou non et surtout penser à des choses que les futurs mariés préfèrent oublier, à savoir la séparation ou la mort.
Les différentes raisons de se marier
Si, dans l’ancien temps, le mariage était nécessaire afin d’obtenir une reconnaissance sociale ou encore pour allier deux familles, aujourd’hui, bon nombre de personnes se posent encore la question de l’utilité d’un mariage. D’autant que de nos jours, l’organisation d’un mariage requiert un investissement autant personnel que pécuniaire.
• Par amour : Effectivement, si cette raison là n’est pas présente, cela risque de se présenter sous d’assez mauvais hospices.
• Pour officialiser une relation qui dure depuis longtemps : Ce qui est le cas de beaucoup de couples à l’heure actuelle qui ont vécu un échec auparavant et préfèrent « tester » l’autre avant de s’engager.
• Pour avoir des enfants ou encore faire reconnaitre les enfants issus de cette relation. Là encore c’est une constante de notre société : On vit ensemble, on a des enfants et enfin on se marie.
• Pour les impôts : Il ne faut pas le nier, cette raison là est souvent évoquée et peut être décisive dans le choix du mariage.
• Pour protéger son conjoint et ses enfants : Même dans la nouvelle loi du PACS, le conjoint n’est pas autant protégé que par le mariage, car il est encore considéré comme un tiers et non comme le conjoint survivant lorsqu’il y a un décès. En ce qui concerne les enfants, lorsqu’un couple n’est pas marié, il convient de rédiger chez le notaire un acte désignant un tuteur en cas de décès des parents. En effet, si les parents ne sont pas mariés et qu’ils décèdent simultanément, les enfants peuvent être confiés à un établissement public, le temps de trouver des personnes de la famille qui puissent s’en occuper légalement.
D’autres raisons existent certainement, mais il est clair que chacun trouvera la sienne proprement dite afin de concrétiser (ou pas) son union.
Conclusion
Le mariage a travers les temps a évolué et les quelques lois qui ont été votées ont tenté d’adapter le mariage à la société actuelle. Cependant, rien n’est gagné car de nos jours, il n’est pas encore admis le mariage entre deux personnes du même sexe. Et ce, surtout pour des questions de législation par rapport aux enfants. Pour les personnes désirant s’unir malgré tout, il existe le PACS (Pacte civile de solidarité) qui permet cette union et la reconnait devant l’administration mais qui ne permet aucun aménagement au niveau du conjoint (communauté universelle par exemple). Le conjoint reste considéré comme un tiers au niveau de la loi et est imposé comme tel lors d’un décès.
Malgré toutes les controverses existantes, personne n’a encore trouvé mieux que le mariage pour se protéger l’un l’autre des aléas de la vie. Cependant, il ne faut pas se leurrer, les efforts sont nécessaires de chaque côté. La société actuelle est tellement tournée vers le « chacun pour soi », qu’il est difficile de trouver un équilibre commun et qu’il est beaucoup plus aisé de retourner la faute vers l’autre si le couple ne fonctionne pas. Les lois ont été assouplies car elles devaient absolument s’adapter à la société moderne, mais cela a été un mal pour un bien, car à l’heure actuelle, nombre de personnes n’hésitent plus pour s’engager sur le chemin périlleux du mariage en sachant qu’il est tout aussi facile de divorcer. |